CIRAD
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Corus Aduraa

Analyse de la durabilite de l'agriculture dans l'agglomeration d'Antananarivo
Atelier de restitution du projet


ADURAA - Projet du Fonds de Solidarité Prioritaire CORUS






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Origines et structuration du projet ADURAA


Démarré durant la crise malgache en 2002 sous le titre « Multifonctionnalités de l'agriculture dans l'agglomération d'Antananarivo », le projet a bénéficié d'un financement conséquent dans le cadre du projet CORUS, sous l'appellation « ADURAA ».

Pour répondre aux questions sur la durabilité de cette agriculture « urbaine » et les fonctions qu'elle remplit pour la ville, l'accent a été mis dès le départ sur la multidisciplinarité et la formation des étudiants.

Les thématiques de recherche ont été organisées autour de la connaissance

  • de la diversité des exploitations
  • de la fonction alimentaire et de la place de cette agriculture dans les projets urbains
  • du rôle de l'eau, la maîtrise de sa qualité, de sa quantité et les méfaits récurrents de sa pollution
  • d'une fonction en émergence, celle de la valorisation des déchets urbains.

Dans l'agglomération, la concurrence entre la terre à cultiver et la terre à bâtir menace fortement les agricultures urbaine et péri-urbaine malgré les débouchés offerts par l'importance du marché de consommation de la capitale.

Dans un souci d'opérationnalité, le projet a développé un partenariat permanent entre, d'une part, l'enseignement et la recherche (Université d'Antananarivo, ESSA, FOFIFA, CIRAD, INRA, IRD) et, d'autre part, les décideurs et instances territoriales (CUA et intercommunalité, différents ministères).

Au total 3 thèses, 20 mémoires (la plupart en DEA), 8 publications, ont été réalisés. 6 chercheurs sont impliqués dans le projet, regroupant des économistes, chimistes, agronomes et géographes.


Diversité de l'agriculture dans l'agglomération d'Antananarivo

Christine Aubry, agronome, INRA


Peu connue au début du projet et peu encadrée techniquement, les agricultures intra et périurbaine de l'agglomération ont fait l'objet d'études approfondies visant à en connaître la diversité, à la représenter et à comprendre les facteurs à l'origine de cette diversité.

Nous avons ainsi étudié, et catégorisé dans une typologie, les systèmes d'activité et de production agricole, grâce à près de 250 enquêtes réparties dans 9 sites dans et autour de la ville.

Trois grands systèmes d'activités sont identifiés où on montre l'importance des activités para-agricoles (vente directe, briqueterie) et extérieures (notamment salariat en ville) ; en outre la typologie distingue 38 combinaisons de systèmes d'activités et de systèmes de production. Ces derniers ont pour points communs une base rizicole et/ou maraîchère et la fréquente présence de petits élevages.

Leur diversité est liée essentiellement à deux facteurs : l'accès à l'eau en quantité et qualité ; et l'accessibilité de la ville.

On montre que plusieurs de ces systèmes sont économiquement viables du fait de la combinaison d'activités mais que de nombreux problèmes se posent, dont ceux liés au statut précaire du foncier et à la productivité limitée.

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Place de l'agriculture dans les dynamiques territoriales de la ville

Josélyne Ramamonjisoa, géographe, Université d'Antananarivo


L'aménagement traditionnel de l'espace sur les Hautes Terres Centrales repose sur une symbiose entre la riziculture dans les bas fonds et les habitations sur les hauteurs.

La topographie accidentée d'Antananarivo, son extension spatiale et sa croissance démographique, remettent en question ce mode d'occupation initiale.

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©C.AubryQuatre sites d'études en péri-urbain et trois autres dans les vallons de l'Est du site interne ont permis de valoriser :
  • à l'Est, dans le péri-urbain, à Alasora, la mutation des pratiques agricoles par manque d'eau et les stratégies des exploitants ou des propriétaires fonciers dans l'utilisation du sol. Cette transformation a été engendrée par les perspectives offertes par le passage du « by pass », joignant les deux routes nationales de l'Est vers le Sud ;
  • à l'Ouest, sur la rive gauche de la rivière Ikopa, le polymorphisme des systèmes de production dans un environnement où les industries, les lotissements résidentiels, les implantations commerciales, confortent l'empreinte humaine ;
  • en péri-urbain, dans quatre sites d'étude, la place de la briqueterie depuis l'exploitation des rizières en amont jusqu'au mode d'utilisation de ce matériau de construction en aval, en passant par des circuits multiples ;
  • à l'intérieur du périmètre urbain dans la partie orientale, dans les vallons d'Ambatobe, d'Andraisoro, d'Ambanidia, la complexité de l'aménagement de l'espace tiraillé entre les impératifs de l'urbanisme, de l'emprise des constructions légales ou illicites, les menaces sur l'agriculture à maintenir à des fins de bassin de réception des eaux, pour les emplois offerts.




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Connaissance de la fonction d'approvisionnement alimentaire de la ville

Marie-Hélène Dabat, économiste, CIRAD


L'intervention présente les résultats des différents travaux réalisés en économie des filières, en économie spatiale et en économie de la qualité, pour comprendre l'organisation et évaluer la performance des filières de proximité contribuant à l'approvisionnement de la capitale et à la consommation des Antananariviens.


Ces travaux ont porté sur le riz et les produits maraîchers et révèlent que la spécificité urbaine marque tout autant les filières agro-alimentaires que les agricultures. Ils montrent que le riz urbain contribue de façon conséquente à l'approvisionnement de la capitale, derrière le riz du Lac Alaotra et les importations, et qu'il est compétitif par rapport aux autres sources d'approvisionnement.

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©MH.DabatConcernant les produits maraîchers, on note une dynamique de spécialisation ou de diversification selon les cas ainsi qu'une évolution vers la complémentarité des sites (communes) et des zones (urbaine, péri-urbaine, rurale) de production, pour satisfaire une demande de plus en plus exigeante (quantité, diversité, saisonnalité, qualité ... ).




L'analyse de l'impact de la distance à la ville sur la performance économique des filières (riz, tomate, cresson) met en évidence l'existence d'une zone de production intermédiaire favorable au maintien de l'agriculture urbaine. Cette localisation « optimale », par rapport à l'intra muros et au milieu rural, est un bon compromis entre minimisation du coût d'acheminement des produits et de l'effet de la concurrence des autres activités urbaines sur le prix des facteurs de production (foncier, main d'oeuvre ... ), incitation de la demande urbaine de proximité et garantie de bonnes conditions de production (sanitaires, fraîcheur).



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Qualité des Eaux à usage agricole dans l'agglomération

Josette Rakotondraibe, chimiste, Université d'Antananarivo


L'intervention porte sur la qualité des eaux à usage agricole dans 3 sites de l'agglomération d'Antananarivo

  • le secteur XII de la Plaine de Bestimitatra, caractérisé par une vaste surface de 300 hectares avec, dans sa partie nord, des entreprises franches textiles installées depuis plus de dix ans, qui déversent de façon intermittente leurs rejets bleus dans les rizières
  • la zone industrielle de Tanjombato, où rizières et usines de diverses activités se côtoient et où le canal d'irrigation sert de canal de rejets de la zone
  • lla vallée d'Ambanidia, où les eaux usées urbaines des quartiers situés en amont sont collectées et réutilisées dans près de 100 hectares de cressonnières.


Les résultats des études révèlent que la pollution est alarmante. Le déversement direct des rejets industriels textiles bleus dans les canaux d'irrigation est à l'origine de dépôts toxiques dans le sol ; les rendements en riz sont très affectés (0,3t/ha dans le secteur XII) et les rizières abandonnées deviennent des marécages. Le principal facteur limitant à la réutilisation des eaux usées urbaines brutes déversées sans aucune précaution sanitaire est la contamination fécale excessive, notamment du cresson.




Riziculture périurbaine de l'agglomération d'Antananarivo : relation entre absence de maîtrise de l'eau, pollution urbaine ou industrielle et production rizicole

Jacqueline Rakotoarisoa, agronome, FOFIFA


L'état et le fonctionnement des réseaux hydroagricoles de la plaine d'Antananarivo, conjugués avec le développement de l'urbanisation et de l'habitat, parfois informel, ainsi que la prolifération des activités industrielles dont certaines sont très polluantes dans les zones périurbaines de l'agglomération d'Antananarivo, augmentent les rejets industriels et urbains dans les eaux à usage agricole.

De ce fait la riziculture qu'on y pratique présente des risques au point de vue productivité, en relation non seulement avec le manque de maîtrise de l'eau, mais aussi sur le plan croissance et développement de la plante ; et qualité sanitaire, lié à la qualité de ses eaux d'irrigation.

Malgré ces différents problèmes, les riziculteurs de cette zone ont leur stratégie propre de gestion de leur situation et réussissent à produire bon an mal an. Le système de production rizicole qu'on y pratique, est caractérisé par sa diversité en termes de type de riziculture, de saison culturale en fonction du relief et de l'état des réseaux hydroagricoles. Il subit en outre l'effet de la pollution soit urbaine soit industrielle.

Si la pollution urbaine, au niveau actuel et dans les zones de plaine, favorise la croissance, le développement et le rendement du riz ; la pollution industrielle, en revanche, peut affecter fortement le rendement, notamment si la variété cultivée est sensible à cette condition de pollution ou lorsque les riziculteurs repiquent des plants jeunes peu vigoureux.




Valorisation agricole des déchets urbains

Lilia Rabeharisoa, agronome, Université d'Antananarivo ; Christine Aubry, agronome, INRA


Confronté à la demande urbaine en augmentation, le maraîchage périurbain s'étend de plus en plus sur des terres peu fertiles de tanety : cela nécessite pour les paysans de lourds et coûteux efforts pour construire au fil des ans une fertilité chimique acceptable, par l'association du maraîchage à l'élevage laitier, producteur de fumier, et le recours massif aux engrais chimiques.

Parallèlement, la décharge d'Andralanitra est un réservoir de criblé de décharge, appelé terreau, encore peu utilisé, alors que la production de déchets urbains s'accroît, tout en restant fortement organiques. La valorisation de ce terreau, dont l'inocuïté a été préalablement établie dans les terres maraîchères, a été testée par expérimentation en conditions paysannes. On montre que ce terreau est un bon substitut au fumier et surtout aux engrais, et qu'il produit des rendements au moins équivalents à ceux des pratiques paysannes. Son intérêt s'accroît avec l'augmentation du prix des engrais.

Ce travail débouche sur des questions scientifiques (dynamique des matières dans les sols, extrapolation aux autres cultures dont le riz) et opérationnelles : comment mieux valoriser ce gisement d'Andralinitra ? comment mieux accompagner le développement de l'agriculture urbaine en valorisant par compostage mieux contrôlé les multiples déchets organiques de la ville ?





 Marie-Hélène Dabat (Cirad)
C Aubry (INRA - France)
Joselyne Ramamonjisoa (Univ. Antananarivo)
Adresse :
Projet ADURAA
B.P. 853 - Ampandrianomby
Antananarivo - Madagascar
Téléphone : +261 (0)20 22 40 623
Télécopie : +261 (0)20 22 40 821
Courriel : dregion@cirad.mg
 


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