CIRAD
Acridologie

Appui à la lutte anti-acridienne à Madagascar











Depuis plusieurs années le CIRAD, au travers de son unité de recherche Ecologie et maîtrise des populations d'acridiens, apporte un appui au Centre national antiacridien de Madagascar pour mieux gérer les risques d'invasions et de pullulations de deux criquets ravageurs majeurs : le criquet migrateur (dont tout le monde garde en mémoire la récente invasion) et le criquet nomade (dont les zones de pullulation se sont récemment agrandies et étendues au nord du pays).

Financé essentiellement par le Ministère français des affaires étrangères de 2001 à 2003 dans le cadre du Projet de contribution à la lutte antiacridienne (PCLA), cet appui entre maintenant en grande partie dans le cadre du Projet de lutte préventive antiacridienne (PLPA)

Le Projet PLPA est financé par la Banque africaine pour le développement (BAD) pour une période de 5 années, de 2003 à 2008. Il est destiné à aider le Centre national antiacridien malgache (CNA) à renforcer son potentiel de surveillance et de lutte contre les criquets. Le projet doit privilégier les actions préventives et les alternatives à la lutte chimique. Il comporte un important volet de réhabilitation des infrastructures du CNA et de son potentiel de surveillance et de lutte antiacridienne (ou lutte contre les criquets ravageurs). Il comporte également un volet recherche/formation sous-traité au Centre national de la recherche appliquée au développement rural (FOFIFA).

Le CIRAD intervient dans ces deux composantes à la fois en mission d´assistance technique au CNA et dans le cadre d´actions de recherche appliquée.


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  • Les actions d´assistance technique en appui au centre antiacridien
  • Ces actions comportent deux composantes : l´une en acridologie (la science des criquets), l´autre en logistique antiacridienne, chacune assurée par un expert du CIRAD.

    Il s´agit d´assister le CNA :

    • Pour la mise en place d´un système d´avertissement et d´alerte précoce contre les invasions du criquet migrateur malgache. Ce dispositif doit être développé dans l´aire grégarigène du criquet (l´aire d´origine des invasions), dans les Provinces autonomes de Toliara et de Fianarantsoa.
    • Pour l´amélioration des méthodes, techniques et pratiques de lutte antiacridienne, tant contre le criquet migrateur que contre le criquet nomade, et en conformité avec le cahier des charges environnemental de la lutte antiacridienne auquel est soumis le CNA. Une attention particulière est apportée aux alternatives à la lutte chimique.

  • Les actions de recherche
  • Elles portent à la fois sur la prévention des invasions du criquet migrateur et sur la compréhension de l´écologie du criquet nomade. Elles sont conduites par plusieurs chercheurs et ingénieurs du CIRAD en collaboration avec le CNA et tout spécialement ses sections de recherche opérationnelle et de surveillance.

    • Un premier volet est destiné à permettre au CNA de disposer d´un outil d´aide à la décision pour le suivi de la situation acridienne et l´alerte précoce. Cet outil doit aider à la détection en temps utile des zones à haut risque de pullulation du Criquet migrateur ;
    • Un second volet doit permettre de compléter les connaissances sur la biologie et l´écologie du criquet nomade afin d´améliorer la stratégie de surveillance et de lutte contre cette espèce dans le sud de Madagascar

    Ces travaux s'inscrivent dans la prolongation des actions conduites par le CIRAD dans le cadre du projet antérieur PCLA. Elles en constituent le développement et la mise en application (voir le rapport final de ce projet).

    • Par ailleurs, en marge du Projet PLPA, le CIRAD apporte un appui continu pour aider le CNA à organiser les opérations de surveillance et de lutte contre les récentes pullulations du criquet nomade dans le nord de Madagascar, tout spécialement dans le bassin de la Sofia. Un chercheur du CIRAD travaille depuis plusieurs années dans cette zone pour mieux comprendre l´origine de ces pullulations nouvelles pour le pays.


    • Recherches sur le criquet migrateur : l´alerte précoce contre les invasions
    • Le criquet migrateur, Locusta migratoria capito (Saussure), est un ravageur majeur de l´agriculture malgache. C´est lui qui fait peser la plus forte menace pour la sécurité alimentaire du pays. Madagascar a été récemment, de 1997 à 2000, durement éprouvé par une invasion de ce criquet qui n'a pu être maîtrisée qu'après quatre années d'efforts intensifs, d'importantes dépenses et plus de 4 millions hectares traités avec des insecticides chimiques. Pourtant, à Madagascar, les bases scientifiques permettant de prévenir les invasions acridiennes existent (cf. Les principes de la lutte préventive contre les invasions de criquets à Madagascar ).





      Dans le cadre du projet PLPA, le CIRAD - en coopération avec le Centre national antiacridien malgache - développe actuellement un outil d´alerte précoce qui devrait permettre de mieux organiser la lutte préventive contre ce ravageur et de restaurer un dispositif de prévention, simple, peu coûteux et respectueux de l'environnement. Les travaux reposent sur la mise au point d'un outil d'aide à la décision pour le suivi de la situation acridienne et l'alerte précoce. La principale composante en est un système d'information géographique (SIG) intégrant en temps réel l'ensemble des données concernant le criquet migrateur et ses habitats (situation acridienne sur le terrain issue des prospections régulières du CNA, pluviométrie, données écologiques diverses sur les biotopes du Criquet migrateur).

      Cet outil s'appuiera sur un modèle des risques acridiens dont les bases scientifiques ont été obtenues dès les années 1970 par plusieurs chercheurs du CIRAD dans le cadre d'un projet international financé par le PNUD (projet PNUD/FAO-MAG70/523, 1971-1973). Il devra permettre un diagnostic rapide de la situation acridienne et la délimitation des zones à haut risque devant faire l'objet d'une surveillance plus intensive, voire de traitements préventifs



      1992

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      1972

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      Par ailleurs, l'aire grégarigène du Criquet migrateur ayant subit depuis de nombreuses années une déforestation intensive (voir photos ci-dessus prises à 20 ans d´intervalle), de nouveaux biotopes favorables aux criquets se sont développés sur de vastes surfaces. Une cartographie de ces biotopes a été entreprise avec l'appui de l'Institut géographique national malgache (FTM) à partir de l'interprétation d'images du satellite LANDSAT.


      La méthodologie, d´abord mise au point sur une zone limitée, est maintenant en cours de généralisation à l'ensemble de l'aire grégarigène du Criquet migrateur. Ce travail sera intégré dans le SIG d'alerte précoce et permettra, en outre, d'optimiser la structure du réseau de surveillance acridienne du CNA, tout spécialement le nombre et la localisation des stations de surveillance et des postes pluviométriques.




    • Recherches sur le criquet nomade
    • Le Criquet nomade, Nomadacris septemfasciata (Serville 1838), est un ravageur traditionnel de l'agriculture malgache. Le développement d´une invasion majeure n´est sans doute pas à craindre. L´importance économique de cette espèce a cependant sensiblement augmenté au cours de ces dernières années. Ce criquet polyphage, qui accomplit une génération par an, cause maintenant régulièrement des dégâts aux cultures sur l'ensemble du versant occidental du pays, tant au Sud qu'au Nord. Ravageur majeur sur le continent africain, il était, jusqu'à une époque récente, encore peu connu à Madagascar. Le CIRAD - en coopération avec le Centre national antiacridien malgache (CNA) - a ainsi été amené à engager des recherches pour mieux connaître cette espèce afin d´améliorer la stratégie de surveillance et de lutte.



      Les travaux en cours développés dans le cadre du Projet de lutte préventive antiacridienne (2005-2008) doivent permettre de préciser la biologie et l´écologie de ce criquet, la dynamique de ses populations, ses migrations saisonnières, les relations entre pullulations et conditions écologiques, y compris les conséquences de l´anthropisation. Une attention particulière est apportée à l´étude des critères permettant de mieux caractériser les phases solitaire (inoffensive) et grégaire (dévastatrice).


      • La dynamique des populations
      • Les aspects concernant la dynamique des populations sont abordés au moyen de diverses études :

        - réalisation d´enquêtes en milieu paysan,

        - suivi de l´évolution des populations du criquet nomade dans quelques biotopes types répartis sur l´ensemble de l´extrémité sud du pays,

        - analyse de données d´archives accumulées par le Centre national antiacridien depuis sa création en 2001 grâce à son réseau de surveillance (environ 10000 prospections réalisées entre 2001 et 2007).


        Ces études doivent permettre de mieux comprendre le cycle biologique du criquet nomade, ses migrations saisonnières et les risques de pullulation en fonction des conditions pluviométriques. La pluie constitue, en effet, un paramètre critique tout spécialement en début de saison des pluies, au moment de la période de reproduction de cet insecte. L´anthropisation (tout spécialement la pratique des feux) semble un deuxième facteur important entraînant la multiplication des milieux favorables aux pullulations de criquet nomade.


      • Le phénomène des phases
      • Les phases du criquet nomade dépendent de la densité de ses populations. La phase solitaire s´observe dans les populations de basse densité, la phase grégaire dans celles de forte densité. Les individus intermédiaires sont qualifiés de transiens. Les insectes ailés (imagos) sont caractérisés au moyen de mesures morphométriques (dimensions de diverses parties du corps de l´insecte) et les jeunes (ou larves) grâce à leur pigmentation. L´analyse des populations dans diverses situations de terrain doit permettre de préciser les critères utiles pour évaluer l´état phasaire d´une population de criquet nomade, donnant ainsi au CNA l´un des moyens pour mieux situer le risque de pullulation.





  • Rappel de quelques actions passées en lutte antiacridienne


Depuis 1997, dès le début de la dernière invasion du criquet migrateur (1997-1999), le CIRAD a apporté un appui significatif aux opérations de lutte via des missions d'expertise de son unité d'acridologie destinées à :
  • organiser des campagnes de lutte aérienne et terrestre (un expert de l'unité a monté et coordonné durant l'invasion une structure de lutte d'urgence, le Projet de lutte aérienne dans l'aire grégarigène)
  • faciliter la coopération entre les différentes parties prenantes (Gouvernement, bailleurs de fonds, institutions nationales et internationales),
  • évaluer la situation acridienne et contribuer à l'élaboration de plans d'action à court, moyen et long termes
  • appuyer la création du nouveau Centre national antiacridien.

Cette aide se poursuit depuis lors, tant pour assister le Centre antiacridien dans ses interventions de prospection et de lutte, que pour contribuer au recyclage et à la formation du personnel dans les domaines de l'acridologie générale, de la surveillance et du perfectionnement des techniques d'application (voir ci-dessus les actions récentes dans le cadre du projet PLPA).



 Michel Lecoq (Cirad)
Adresse :
Unité de recherche Ecologie et maîtrise des population d'acridiens (PRIFAS)
TA A-50/D, Campus International de Baillarguet
34398 MONTPELLIER CEDEX 5 - FRANCE
Téléphone : +33 (0)4 67 59 39 34 (secr.:39 37)
Télécopie : +33 (0)4 67 59 38 73
Courriel : dregion@cirad.mg
 




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