Aménagement du territoire

Mise en valeur et protection des bassins versants du lac ALAOTRA



Thèmes associés

La cuvette du lac Alaotra est l'une des plus grandes zones rizicoles de Madagascar, avec plus de 80.000 ha de rizières. C'est l'une des rares zones du
pays excédentaires en riz avec une production annuelle en année normale de 200.000 tonnes, dont 80.000 tonnes en moyenne sont exportées chaque année
vers Antananarivo et Toamasina.
Cependant, malgré sa richesse relative et son dynamisme, attestés par la forte pression migratoire, la plaine du lac Alaotra apparaît
comme une région menacée
Une région menacée
Par l'érosion -
La surface des rizières de plaine n'étant pas extensible, les paysans ont amorcé la colonisation des collines alentours, avec des pratiques culturales et pastorales particulièrement
érosives sur des sols fragiles. Le paysage est en outre marqué par la présence de figures érosives d'origine géologiques spectaculaires (lavakas)
Par la stagnation de la production rizicole dont les causes en sont multiples :
- déficience des approvisionnements en intrants (semences, mécanisation, crédit),
- inadéquation des modes de faire-valoir (métayage ; insécurité foncière),
- problèmes de commercialisation (inorganisation des producteurs, moyens de communication déficients).
Si les performances techniques sont aujourd'hui largement supérieures à la moyenne nationale, elle sont cependant bien en deçà des potentialités
avérées et des espérances
Par les coûts de maintenance des infrastructures hydrauliques.
A l'issue du retrait de l'Etat, les périmètres se sont plus ou moins bien
organisés, pour parer au plus pressé, mais les associations d'irrigants ne sont pas encore en mesure de faire face à l'ensemble des besoins de maintenance.
.

Objectifs
- Accroître et sécuriser les revenus des producteurs, touchés par les aléas climatiques et économiques des années
récentes qui ont largement pesé sur leurs revenus,
- Préserver les ressources naturelles d'une zone écologique très fragile actuellement menacée et sécuriser les investissements
d'irrigation existant en aval,
- Appuyer les organisations des producteurs en leur permettant de devenir
progressivement des maîtres d'ouvrages locaux d'actions de développement.
Contenu - Exécution du projet
Le maître d'ouvrage est le Ministère de l'Agriculture. Une cellule de projet a été créée afin d'assurer la coordination de la mise en oeuvre des actions suivantes
par des prestataires locaux :

- La sécurisation foncière
- Préalable aux actions de mise en valeur, de protection de l'environnement et d'amélioration de la productivité,
le projet soutient techniquement et financièrement les organisations de producteurs dans la mise en oeuvre de procédures de régularisation foncière.
- L'environnement - La préservation des écosystèmes est l'un des axes forts du projet, qui intervient dans la mise en oeuvre de
programmes de reboisement, le traitement de ravines et de lavakas et la lutte contre les feux de brousse.
- La mise en valeur agricole - Ces actions ont vocation à promouvoir le développement des cultures intégrées aux systèmes
de protection anti-érosifs fournissant de la biomasse végétales. A ce titre, le projet met la priorité sur la promotion de techniques agroécologique adaptées à ce contexte.
- L'élevage - Le projet cherche à améliorer l'intégration de l'agriculture et de l'élevage.Il fournit une assistance en matière de santé animale et
également de développement de la disponibilité de fourrages
. .

- Les infrastructures rurales - Ouverture de 3 nouvelles pistes (au total 30 ) dans la zone d'Imamba-Ivakaka.
- Les aménagements hydro-agricoles - Travaux d'infrastructures hydro-agricoles légers, ayant un impact immédiat sur l'amélioration
du fonctionnement et de la protection internes des réseaux.
- Le crédit rural - Soutien des expériences des Greniers Communs Villageois, entreprise dans le
cadre des projets antérieurs, en relation avec les réseaux de microfinance installés dans la région (BOA ; OTIV ; CECAM …)
- L'animation-formation - Le projet assure les formations et appuis techniques auprès des Organisations de Producteurs et conduira à
l'autonomie technique et financière la Fédération des AUR du PC15 et de la Vallée Marianina.
.

Impact attendu
- La prise en compte des productions agricoles supplémentaires, de la production forestière issue des boisements réalisés et de la production animale induite par le projet,
fait apparaître un taux de rentabilité interne (TRI) de 8 à 9 % ;
- Les reboisements, aménagements anti-érosifs et le développement des pratiques de culturescontribueront à réduire l'érosion et à reconstituer la fertilité des sols, tout
en offrant de nouvelles activités productives ;
- Le projet comporte un important volet de structuration d'organisations de producteurs, ce qui favorisera l'émergence de la société civile et la responsabilisation des
communautés dans la conduite des actions de développement engagées. Il contribuera aussi à faire émerger des PME ou prestataires locaux qui prennent
le relais, suite au désengagement de l'Etat, des fonctions de production, contribuant ainsi à la lutte contre la pauvreté et les inégalités.
.

Suivi-évaluation
Le système est conçue d'abord dans un esprit de pilotage et d'accompagnement des activités.
Les spécificités du projet en font un outil
indispensable au quotidien: grande diversité sectorielle des interventions, importance des prestations confiées à des opérateurs extérieurs à la Cellule, caractères innovant
et modèle du projet sur les plans techniques et institutionnels.
Il permettra ensuite de porter un regard argumenté sur l'impact, la pertinence,
l'efficience et l'efficacité du projet.
Ce projet constitue le prototype en vraie grandeur de la mise en application de l'approche "Bassins Versants" sur laquelle repose le programme national
"Bassins versant – Périmètres irrigués" que le MAEP continue de promouvoir auprès des différents bailleurs de fonds. Il constitue aussi le "pilote" de la
participation de l'AFD à ce programme national.